Depuis le 1er octobre 2026, les taux d’usure du crédit immobilier ont été relevés par la Banque de France, alors même que les taux pratiqués par les banques continuent de grimper. Un paradoxe seulement apparent : ce relèvement, qui plafonne le taux maximal auquel une banque peut prêter, redonne de l’air à des milliers de dossiers qui étaient jusqu’ici purement et simplement refusés.
Des taux qui montent depuis l’été
Sur le terrain, les courtiers constatent une hausse généralisée des taux depuis septembre. Les barèmes publiés début octobre affichent des moyennes de l’ordre de 3,50 % sur 15 ans, 3,66 % sur 20 ans et 3,75 % sur 25 ans, avec une poursuite de la hausse attendue sur toutes les durées. Cette remontée s’explique par les conditions de refinancement des banques sur les marchés obligataires, et touche l’ensemble du territoire, même si certaines régions sont plus épargnées que d’autres.
Dans le même temps, plusieurs études pointent une tension persistante sur l’offre de logements, notamment un déficit marqué de petites surfaces dans les grandes agglomérations, ce qui maintient la pression sur les prix malgré le ralentissement du marché.
Le relèvement du taux d’usure change la donne
C’est ici que le taux d’usure entre en jeu. Ce plafond légal, révisé chaque trimestre par la Banque de France, fixe la limite au-delà de laquelle un prêt est considéré comme abusif — taux nominal, assurance et frais annexes compris (le fameux TAEG). Au 1er octobre 2026, ce plafond est repassé à la hausse pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus, et reste en vigueur jusqu’au 31 décembre.
Concrètement, des dossiers qui bloquaient depuis l’été parce que leur TAEG dépassait de quelques dixièmes de point l’ancien plafond peuvent désormais repasser au feu vert. C’est particulièrement vrai pour les profils jugés plus risqués (primo-accédants, revenus irréguliers, apport limité), à qui les banques appliquaient des taux plus élevés pour compenser le risque — et qui butaient donc davantage contre le plafond.
Ce que cela change pour les emprunteurs
Avant de se lancer ou de relancer un dossier, quelques points méritent d’être vérifiés :
- Un refus pour « taux d’usure dépassé » reçu cet été mérite d’être réexaminé avec le nouveau plafond en vigueur.
- Le taux d’usure intègre l’assurance emprunteur : comparer les offres d’assurance (via la délégation d’assurance) peut suffire à repasser sous le plafond sans changer le taux nominal.
- La hausse des taux nominaux réduit mécaniquement la capacité d'emprunt : un recalcul du budget s’impose avant toute nouvelle offre.
- Le plafond reste valable jusqu’au 31 décembre 2026 seulement : un dossier repoussé ne doit pas trop attendre pour en profiter.
Du côté des vendeurs, cette respiration sur le financement ne suffit pas à elle seule à relancer les volumes de transactions, qui restent freinés par l’écart entre les attentes de prix des vendeurs et le budget réel des acheteurs. Les professionnels interrogés tablent sur une stabilisation plutôt que sur un vrai rebond avant la fin de l’année, un sujet suivi de près également côté budget des ménages.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le taux d’usure exactement ?
C’est le taux maximal, tout compris (taux nominal, assurance, frais de dossier et de garantie), qu’une banque a le droit d’appliquer à un crédit. Il est fixé chaque trimestre par la Banque de France à partir des taux moyens pratiqués le trimestre précédent, et dépasser ce plafond rend le prêt illégal.
Pourquoi le taux d’usure peut-il monter alors que c’est censé protéger les emprunteurs ?
Le plafond suit avec un trimestre de décalage les taux moyens réellement constatés sur le marché. Quand les taux bancaires montent vite, comme actuellement, le plafond grimpe aussi pour rester cohérent avec la réalité du marché — sans quoi plus aucun crédit ne pourrait légalement être accordé.
Un dossier refusé cet été a-t-il une chance d’être accepté maintenant ?
Cela dépend du motif du refus. Si le seul blocage était un TAEG légèrement supérieur à l’ancien plafond, le relèvement du 1er octobre peut suffire à faire basculer le dossier. Si le refus portait sur la capacité de remboursement elle-même, il faut revoir le montant emprunté ou l’apport.
Sources
MoneyVox — nouveaux taux d’usure au 1er octobre 2026
Pretto — analyse des taux immobiliers d’octobre 2026
MySweetimmo — hausse des taux, comment négocier
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











