Service plus lent, horaires réduits, salle fermée un jour de plus dans la semaine : de nombreux clients de restaurants ont remarqué ces derniers mois des ajustements dans leur établissement habituel. Derrière ces changements se cache souvent une même cause : la pénurie de main-d’œuvre qui continue de frapper le secteur de la restauration en France.
Près d’un recrutement sur deux jugé difficile
Selon l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2026 de France Travail, l’hôtellerie-restauration prévoit environ 319 000 projets de recrutement cette année, ce qui en fait l’un des secteurs les plus dynamiques du pays en matière d'embauche. Mais c’est aussi l’un de ceux où recruter reste le plus compliqué : 44 % de ces projets sont jugés difficiles à mener à bien par les employeurs, un taux supérieur à la moyenne nationale, elle-même établie à 43,8 % tous secteurs confondus.
À l’échelle du pays, France Travail recense 2,275 millions d’intentions d'embauche pour 2026, en repli de 6,5 % par rapport à 2025. Un ralentissement moins marqué que celui observé l’année précédente, mais qui n’efface pas les tensions persistantes dans certains métiers, au premier rang desquels ceux de la salle et de la cuisine.
Un secteur miné par un fort turnover
Au-delà des difficultés d'embauche, c’est la fidélisation qui pose problème. Plusieurs médias professionnels du secteur du tourisme rapportent, en s’appuyant sur les données de la Dares, un taux de rotation du personnel dans l’hébergement-restauration supérieur à 80 % par an, soit près du double de la moyenne nationale tous secteurs confondus. Autrement dit, une bonne partie des équipes se renouvelle en permanence, ce qui complique la formation et pèse sur la qualité de service ressentie par les clients.
Du côté des chefs d’entreprise du secteur, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) évoque plus de 150 000 postes qui resteraient durablement non pourvus dans la restauration française, avec un constat frappant : une part importante des départs surviendrait dès les tout premiers mois suivant l'embauche, ce qui pointe vers un enjeu d’intégration autant que de recrutement.
Salaires, logement, conditions : des causes multiples
Les explications avancées par les professionnels ne se limitent pas à la seule question salariale. Horaires décalés, coupures, travail les week-ends et jours fériés, pression pendant le coup de feu du service : ces contraintes, propres au métier, rebutent une partie des candidats potentiels, y compris lorsque les grilles de salaires ont été revalorisées ces dernières années. Pour les emplois saisonniers, la difficulté à se loger à proximité du lieu de travail est également pointée comme un frein central, en particulier dans les zones touristiques où le marché locatif est tendu l’été.
Face à ce constat, les organisations professionnelles du secteur ont engagé des plans d’action articulés autour de trois axes : l’accompagnement des nouveaux salariés, l’aide au logement et le renforcement de la formation, dans l’espoir de réduire un turnover qui coûte cher à l’ensemble de la filière, de la brasserie de quartier au restaurant gastronomique.
Ce que cela change pour les clients
Pour le consommateur, ces tensions se traduisent concrètement : fermetures hebdomadaires supplémentaires, cartes resserrées faute de personnel suffisant en cuisine, ou encore délais d’attente allongés aux heures de forte affluence. Un restaurant qui affiche complet plusieurs semaines à l’avance n’est donc pas toujours à son plein potentiel d’accueil : il peut aussi fonctionner avec une équipe volontairement réduite, faute d’avoir pu recruter dans de bonnes conditions.
Questions fréquentes
Pourquoi la restauration peine-t-elle autant à recruter en 2026 ?
Les employeurs évoquent une combinaison de facteurs : horaires atypiques, pénibilité du travail, difficultés de logement pour les saisonniers, et un turnover très élevé qui oblige à recruter en continu pour maintenir les effectifs.
Le secteur recrute-t-il vraiment beaucoup en ce moment ?
Oui : selon l’enquête BMO 2026 de France Travail, l’hôtellerie-restauration compte parmi les secteurs affichant le plus grand nombre de projets de recrutement du pays, avec environ 319 000 postes à pourvoir.
Cette situation affecte-t-elle la qualité du service en restaurant ?
Elle peut y contribuer : certains établissements réduisent leurs horaires d’ouverture ou resserrent leur carte pour continuer à fonctionner avec des équipes en sous-effectif, en attendant de stabiliser leurs recrutements.
Sources
- France Travail — Enquête BMO 2026
- Hospitality ON — L’UMIH face à la pénurie de main-d’œuvre
- TourMaG — La pénurie de main-d’œuvre s’accélère dans les hôtels et restaurants
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











