Depuis le 10 octobre, une nouvelle règle européenne encadre discrètement ce qui se trouve dans vos vêtements et vos chaussures. Peu de consommateurs le savent encore, alors que la mesure concerne potentiellement toute la garde-robe : les traitements imperméabilisants et antitaches à base de PFAS les plus courants.
Une interdiction précise, pas une interdiction totale des PFAS
Le règlement européen 2024/2462, qui modifie l’annexe XVII de REACH, restreint une substance bien identifiée : le PFHxA (acide undécafluorohexanoïque), ses sels et ses dérivés. Depuis le 10 octobre 2026, les vêtements et chaussures destinés au grand public ne peuvent plus contenir plus de 25 ppb de PFHxA et de ses sels combinés, ni plus de 1 000 ppb de substances apparentées. Les accessoires textiles suivront la même règle à partir du 10 octobre 2027.
Ce texte ne doit pas être confondu avec l’interdiction plus large des PFAS dans le neuf (cosmétiques, farts de ski, produits d’imperméabilisation), en vigueur depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Et une deuxième vague, bien plus large, est déjà programmée pour le 1ᵉʳ janvier 2030 : elle visera cette fois les nappes, tabliers de cuisine, gants de four ou housses de matelas traités.
Ce qui change concrètement pour vos achats
- Un manteau, une veste imperméable ou des chaussures de randonnée achetés aujourd’hui en magasin dans l’UE doivent déjà respecter ce seuil.
- Les mentions « imperméable », « antitaches » ou « déperlant » sur l’étiquette ne garantissent en elles-mêmes rien : il faut vérifier la composition et les instructions d’entretien.
- Des labels comme Oeko-Tex ou Bluesign offrent une garantie supplémentaire sur l’absence de substances toxiques, selon l’Ademe.
- Les vêtements déjà en circulation avant le 10 octobre ne sont pas rappelés : la règle porte sur la mise sur le marché, pas sur ce que vous possédez déjà.
Pour les consommateurs qui veulent limiter leur exposition sans attendre la vague de 2030, une option reste la seconde main : elle évite d’acheter du neuf potentiellement non conforme à l’ancienne génération de traitements, un argument qui vient s’ajouter à ceux déjà avancés pour expliquer pourquoi la seconde main s’impose face à la fast fashion. Ce nouveau seuil chimique rejoint d’ailleurs une liste croissante de contraintes qui pèsent sur l’habillement à bas coût, au moment même où se met en place le malus visant la mode ultra-éphémère.
Comment vérifier avant d’acheter
Au rayon, le plus simple reste de lire l’étiquette de composition et les pictogrammes d’entretien : un traitement déperlant, hydrofuge ou oléofuge signale la présence probable d’un agent chimique dont la nature doit être vérifiable auprès de la marque. Cette exigence de transparence rejoint une tendance de fond côté droits des consommateurs, portée notamment par la future fin annoncée du greenwashing sur les produits vendus en Europe.
Questions fréquentes
Tous les PFAS sont-ils désormais interdits dans les vêtements ?
Non. Seul le PFHxA et ses dérivés sont concernés par cette échéance du 10 octobre 2026. Une restriction plus large, visant l’ensemble de la famille des PFAS, est encore en cours d’examen par l’ECHA.
Dois-je me débarrasser de mes vêtements imperméables actuels ?
Non, la restriction s’applique à la mise sur le marché de produits neufs, pas aux vêtements déjà achetés ou en circulation.
Comment savoir si un vêtement respecte la nouvelle limite ?
Il n’existe pas d’étiquette dédiée obligatoire : privilégiez les marques transparentes sur leurs traitements et les labels indépendants comme Oeko-Tex, qui excluent les substances les plus problématiques.
Sources
- UFC-Que Choisir — PFAS, premières interdictions dès 2026
- Reporterre — fin des PFAS, les vêtements imperméables en quête d’alternatives
- Unitex — publication de la restriction REACH sur le PFHxA
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











