Une étude des scientifiques du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), financée par l’Ademe et publiée dans la revue Journal of Applied Ecology, montre que l’arrêt temporaire des éoliennes la nuit, lors des pics d’activité des chauves-souris, permet de diviser par cinq leur mortalité. Un résultat qui relance le débat sur la cohabitation entre énergie éolienne et biodiversité.
Un bilan lourd pour les chauves-souris françaises
La France compte aujourd’hui plus de 10 000 éoliennes, réparties sur environ 600 parcs. Chaque année, ces installations provoquent la mort d’environ 60 000 chauves-souris, percutées par les pales ou victimes du barotraumatisme causé par la dépression d’air qu’elles génèrent. Les chiroptères ne sont actifs que la nuit, et leur activité augmente nettement quand le vent est faible et la température douce — des conditions qui correspondent aussi aux périodes où les éoliennes tournent sans forcément produire beaucoup d’électricité.
Le bridage, une solution déjà partiellement déployée
La technique étudiée, appelée bridage, consiste à arrêter ou ralentir les pales pendant les créneaux où le risque de collision est le plus élevé. Elle est déjà appliquée dans un peu moins de la moitié des parcs éoliens français. Selon les scientifiques du MNHN, un bridage optimisé — qui prend en compte non seulement le vent mais aussi la température et les précipitations — permettrait d’éviter la mort de près de 48 000 chauves-souris par an.
Quel coût pour la production d’électricité ?
Le bridage a un coût énergétique. Dans sa version la plus simple, il entraîne une perte de production électrique estimée entre 10 % et 15 %. Mais en affinant les paramètres déclencheurs de l’arrêt des machines, cette perte peut être ramenée à seulement 3 % à 5 %, pour une efficacité quasi identique sur la protection des chauves-souris. Un arbitrage que les exploitants de parcs éoliens devront de plus en plus intégrer, alors que l’éolien terrestre continue de se développer en France. Des territoires s’engagent aussi sur le volet protection des espèces, à l’image de Marseille, sacrée capitale française de la biodiversité cette année.
Cette question s’inscrit dans un enjeu plus large de protection des habitats naturels, documenté par un récent bilan officiel sur la dégradation de la biodiversité en France. Elle illustre aussi les compromis nécessaires à la transition énergétique, alors que la trajectoire mondiale de réchauffement climatique continue de s’aggraver.
Questions fréquentes
Pourquoi les chauves-souris sont-elles particulièrement exposées aux éoliennes ?
Elles chassent la nuit en vol, souvent à l’altitude des pales, et sont attirées par les insectes qui se concentrent autour des mâts. Elles peuvent être tuées par un impact direct ou par barotraumatisme, un traumatisme interne causé par la brusque variation de pression d’air près des pales en mouvement.
Le bridage est-il obligatoire en France ?
Il n’est pas systématique : il est appliqué dans un peu moins de 50 % des parcs éoliens français, le plus souvent sur demande des autorités environnementales lors de l’instruction des projets, au cas par cas.
Le bridage affecte-t-il aussi les oiseaux ?
L’étude du MNHN porte spécifiquement sur les chauves-souris, dont les pics d’activité nocturnes diffèrent de ceux des oiseaux, qui sont davantage étudiés via d’autres dispositifs comme la détection radar ou l’arrêt en période de migration.
Sources
- Muséum national d’Histoire naturelle — Comment réduire la mortalité des chauves-souris dans les parcs éoliens
- Actu-Environnement — L’arrêt adapté des éoliennes la nuit réduit la mortalité des chauves-souris de plus de 80 %
- La Relève et La Peste — Stopper les éoliennes la nuit permettrait de sauver 48 000 chauves-souris par an
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











