Un nouveau bilan officiel confirme ce que redoutaient les associations de protection de la nature : la biodiversité continue de se dégrader en France, et le rythme s’accélère. Publiée le 1er septembre par le service statistique du ministère de la Transition écologique (SDES), l’étude sur l’état de conservation des habitats et des espèces remarquables tombe au moment même où Bruxelles attend les plans nationaux de restauration de la nature des États membres.
Un déclin qui s’accélère
Sur la période 2019-2024, seuls 22 % des habitats et espèces évalués en France sont dans un état de conservation favorable, contre 26 % lors de la précédente évaluation (2013-2018). À l’inverse, 67 % des évaluations sont désormais défavorables, et 39 % affichent une tendance au déclin. Ces résultats s’appuient sur plus de 1 000 évaluations menées tous les six ans dans le cadre de la directive européenne « Habitats, Faune, Flore ». Parmi les milieux les plus touchés figurent les zones humides et aquatiques, dont une large majorité est jugée en mauvais état, ainsi que les prairies et certains habitats côtiers.
La loi européenne sur la restauration de la nature, une échéance sous tension
Ce bilan arrive quelques jours après la date limite du 1er septembre, fixée par le règlement européen sur la restauration de la nature, adopté in extremis en juin 2024, pour la remise des plans nationaux à la Commission européenne. Seule une minorité d’États membres a respecté cette échéance. La France, qui avait déjà transmis les grandes lignes de son plan national de restauration de la nature, a indiqué qu’elle finaliserait sa copie dans les quinze jours suivant l’échéance.
Des objectifs ambitieux à horizon 2050
Le texte européen fixe un calendrier précis pour les habitats jugés en mauvais état : au moins 30 % restaurés d’ici 2030, 60 % d’ici 2040 et 90 % d’ici 2050. Un objectif que la trajectoire actuelle, marquée par une dégradation continue plutôt qu’une amélioration, rend d’autant plus difficile à tenir. Les ONG environnementales rappellent régulièrement que la qualité des mesures inscrites dans chaque plan national comptera davantage que le simple respect du calendrier de dépôt.
Des causes multiples et bien documentées
Au-delà des chiffres globaux, les experts pointent des causes déjà identifiées de longue date : artificialisation des sols, intensification agricole, et surtout fragmentation des milieux naturels, qui isole des populations d’espèces et réduit leur capacité à s’adapter. Cette fragmentation touche en particulier les corridors écologiques reliant zones humides, forêts et prairies, rendant chaque projet de restauration d’autant plus complexe à mener.
Des restaurations locales qui montrent la voie
Face à ce constat national préoccupant, certains projets de terrain offrent des résultats encourageants. C’est le cas de la restauration des herbiers marins de l’étang de Berre, où des scientifiques sont parvenus à faire réapparaître un écosystème que l’on croyait durablement disparu. Ce type d’initiative illustre ce que pourraient produire, à plus grande échelle, les mesures inscrites dans les futurs plans nationaux dédiés à la protection de la planète et documentées par les équipes de recherche scientifique.
Questions fréquentes
Que mesure exactement le rapport du SDES ?
Il évalue, sur la base de plus de 1 000 relevés réalisés tous les six ans dans le cadre de la directive européenne « Habitats, Faune, Flore », l’état de conservation des habitats naturels et des espèces remarquables présents en France métropolitaine.
Quelle est l’échéance fixée par l’Union européenne pour les plans de restauration ?
Les États membres devaient transmettre un projet de plan national de restauration de la nature à la Commission européenne avant le 1er septembre 2026, la version finale étant attendue en 2027.
Quels objectifs fixe le règlement européen sur la restauration de la nature ?
Pour les habitats en mauvais état, il prévoit une restauration d’au moins 30 % d’ici 2030, 60 % d’ici 2040 et 90 % d’ici 2050.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











