La France a jusqu’au 1er septembre 2026 pour transmettre à la Commission européenne son plan national de restauration de la nature, une obligation issue du règlement européen sur la restauration de la nature entré en vigueur en 2024. Baptisé « Agir pour restaurer la nature », ce document doit fixer, écosystème par écosystème, les mesures concrètes que le pays s’engage à mettre en œuvre pour inverser le déclin de ses milieux naturels.
Ce que change le règlement européen
Adopté après plusieurs années de négociations tendues à Bruxelles, le règlement sur la restauration de la nature impose à chaque État membre des objectifs juridiquement contraignants, et non plus seulement incitatifs. Il fixe un calendrier progressif : 30 % des milieux dégradés devront être restaurés d’ici 2030, 60 % d’ici 2040 et 90 % d’ici 2050. Contrairement à des textes environnementaux plus ciblés, celui-ci couvre l’ensemble des écosystèmes : cours d’eau, zones humides, forêts, prairies, espaces agricoles, milieux urbains ainsi que les zones marines et côtières.
Le plan français « Agir pour restaurer la nature »
Piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB), le plan national décline ces cibles européennes en mesures opérationnelles adaptées au territoire. Il doit notamment identifier les zones prioritaires d’intervention et les leviers mobilisables, qu’il s’agisse de restauration de haies et de mares en zone agricole, de renaturation de cours d’eau, de désartificialisation de sols urbains ou de protection des herbiers marins. Ce travail s’appuie en partie sur des données de terrain déjà collectées localement, à l’image des inventaires réalisés dans le cadre de l’atlas de la biodiversité communale, où des habitants recensent eux-mêmes la faune et la flore de leur village.
- Milieux agricoles : haies, bandes enherbées, mares, sols vivants
- Forêts et prairies : diversification des essences, limitation des coupes rases
- Zones urbaines : désimperméabilisation des sols, végétalisation
- Cours d’eau et zones humides : effacement d’obstacles, restauration des berges
- Milieux marins et côtiers : herbiers, récifs, vasières
Pourquoi cette échéance compte
Le calendrier n’a rien d’anodin. Les scientifiques rappellent régulièrement que la fragmentation des milieux naturels figure parmi les premières causes de l’érosion de la biodiversité en France, un phénomène qui isole les populations animales et végétales et fragilise leur capacité à s’adapter aux changements en cours, comme le documentait déjà l’enquête sur la fragmentation des milieux naturels. Ce contexte est aggravé par la multiplication des épisodes climatiques extrêmes : une étude a récemment montré que le risque d’incendies de forêt a doublé en France et en Espagne sous l’effet du changement climatique, fragilisant davantage des écosystèmes déjà sous tension.
En retard sur son propre calendrier, la France doit désormais démontrer à Bruxelles qu’elle dispose d’une trajectoire crédible, faute de quoi elle s’expose à une procédure d’infraction européenne, comme cela existe déjà pour d’autres obligations environnementales non respectées.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le règlement européen sur la restauration de la nature ?
C’est un texte juridiquement contraignant adopté par l’Union européenne qui fixe aux États membres des objectifs chiffrés de restauration des écosystèmes dégradés, avec des échéances en 2030, 2040 et 2050.
Quels milieux sont concernés par le plan français ?
Tous les grands types d’écosystèmes : forêts, prairies, zones agricoles, cours d’eau, zones humides, espaces urbains ainsi que les milieux marins et côtiers.
Que risque la France si elle ne respecte pas ses engagements ?
Comme pour d’autres obligations environnementales européennes, un manquement peut exposer le pays à une procédure d’infraction engagée par la Commission européenne.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











