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Étang de Berre : la science relance les herbiers marins disparus

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Herbier marin en cours de restauration dans une lagune méditerranéenne

Pendant près de soixante ans, l’étang de Berre, plus grande lagune salée d’Europe, a payé le prix fort de l’industrialisation de la Provence. Aujourd’hui, un programme scientifique inédit tente de réparer ce qui semblait perdu : les herbiers marins qui faisaient autrefois la richesse biologique du site. Grâce à une méthode de transplantation suivie par drone, les premiers résultats mesurés en 2026 dépassent les espérances des chercheurs.

Soixante ans de bouleversement écologique

Au début du XXe siècle, l’étang de Berre abritait environ 8 000 hectares d’herbiers, ces prairies sous-marines de zostères qui servent de nurserie aux poissons et produisent une partie de l’oxygène de la lagune. Le basculement survient en 1966, lorsque les centrales hydroélectriques d’EDF commencent à turbiner les eaux de la Durance vers l’étang, y déversant chaque année d’énormes volumes d’eau douce chargée de limon. La salinité chute, la turbidité augmente, et la lumière nécessaire à la photosynthèse des herbiers disparaît. Résultat : à peine plus d’un hectare de zostères subsistait au début des années 2000, un effondrement qui a suivi de près la fragmentation plus générale des milieux naturels observée sur le littoral méditerranéen.

Le pari scientifique de la transplantation

Depuis 2024, le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre (Gipreb) mène, avec l’appui du consortium scientifique international The Seagrass Consortium, un programme de transplantation de zostères prélevées sur des sites donneurs sains. Une première parcelle expérimentale de seulement 8 m² a été suivie par imagerie de drone pendant deux ans : elle recouvre aujourd’hui plus de 750 m², sans qu’aucune dégradation n’ait été constatée sur les zones de prélèvement. En mai et juin 2026, une nouvelle campagne de terrain a mobilisé des scientifiques de l’association The Ocean Gardeners aux côtés de bénévoles, dans une démarche qui rappelle les initiatives citoyennes de recensement participatif de la biodiversité menées ailleurs en France.

Un objectif ambitieux mais réaliste

La couverture actuelle de l’étang, estimée à une quarantaine d’hectares, reste très en deçà des 8 000 hectares historiques. Les scientifiques du Gipreb ne visent d’ailleurs pas un retour à l’état d’avant 1960, mais un objectif de 1 500 hectares, jugé suffisant pour installer un écosystème résilient face au changement climatique. Trois espèces sont réintroduites en parallèle : la zostère naine, la zostère marine et la cymodocée, choisies pour leur complémentarité écologique. Ce chantier local s’inscrit dans une dynamique plus large, celle du plan national de restauration de la nature transmis par la France à Bruxelles. Autre signal encourageant : depuis 2023, les rejets d’EDF dans la lagune sont davantage encadrés, ce qui limite les apports d’eau douce et de sédiments responsables du déséquilibre initial.

Pourquoi cette expérience compte au-delà de la Provence

Les herbiers marins ne sont pas qu’un décor sous-marin : ils stockent du carbone, stabilisent les fonds et abritent la reproduction de nombreuses espèces de poissons et de coquillages, un rôle proche de celui que jouent les zones humides dans la régulation de la qualité de l’eau, comme l’illustrent les épisodes de proliférations de cyanobactéries observées dans certains lacs et rivières français. Si la méthode de transplantation confirme son efficacité à l’étang de Berre, elle pourrait servir de modèle pour d’autres lagunes méditerranéennes dégradées, en France comme chez ses voisins européens, où les scientifiques cherchent aujourd’hui des solutions concrètes plutôt que de simples constats. Cette approche relève pleinement du champ de la science appliquée à l’environnement, un domaine que notre rubrique dédiée à la planète continuera de suivre de près.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un herbier marin et pourquoi est-il important ?

Un herbier marin est une prairie sous-marine formée de plantes à fleurs comme la zostère, capable de pousser sous l’eau. Il abrite une grande diversité de poissons et de crustacés, filtre l’eau et stocke du carbone, ce qui en fait un allié précieux contre le réchauffement climatique.

Pourquoi les herbiers de l’étang de Berre ont-ils disparu ?

À partir de 1966, les centrales EDF ont déversé dans la lagune de grandes quantités d’eau douce et de sédiments issus de la Durance, réduisant la salinité et la luminosité nécessaires à la survie des herbiers, qui ont quasiment disparu au début des années 2000.

La restauration des herbiers marins peut-elle réussir ailleurs en France ?

Les résultats obtenus à l’étang de Berre, avec une multiplication par cent de la surface transplantée en deux ans, laissent penser que la méthode pourrait être adaptée à d’autres lagunes méditerranéennes touchées par des déséquilibres similaires.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

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Marion Delorme
Marion Delorme couvre l’économie, la vie des entreprises et l’immobilier pour Arkcity. Elle s’attache à traduire les décisions et les chiffres en conséquences concrètes pour ceux qui entreprennent, achètent ou embauchent. Signature éditoriale de la rédaction d’Arkcity. Les articles publiés sous ce nom sont rédigés avec l’assistance d’une intelligence artificielle et relus par la rédaction.

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