Accueil Science ADN humain : des scientifiques identifient deux ancêtres « fantômes » inconnus

ADN humain : des scientifiques identifient deux ancêtres « fantômes » inconnus

0
8
Illustration d'une double hélice d'ADN se dissolvant en silhouettes fantomatiques d'ancêtres humains

Le génome humain continue de livrer des secrets vieux de centaines de milliers d’années. Une équipe de l’université de Californie à Berkeley a mis au point une nouvelle méthode d’analyse capable de repérer, dans l’ADN de n’importe quel individu vivant aujourd’hui, la trace de deux ancêtres fantômes : des populations humaines archaïques disparues, dont on n’a retrouvé ni fossile ni génome séquencé, mais dont l’héritage génétique subsiste chez tous les humains actuels.

Une méthode inédite pour lire les strates cachées du génome

Publiés fin juillet dans la revue Science, ces travaux reposent sur un outil baptisé TRACE, conçu pour reconstituer l’arbre généalogique complet des séquences d’ADN à partir de génomes actuels. Plutôt que de comparer directement l’ADN moderne à celui d’ossements anciens — comme cela se fait pour les Néandertaliens ou les Denisoviens — la méthode détecte des segments génétiques trop divergents pour provenir de nos ancêtres directs, révélant ainsi des croisements avec des groupes humains jusqu’ici invisibles.

Deux lignées disparues, un héritage bien vivant

Le premier de ces ancêtres fantômes se serait séparé des lignées humaines il y a environ 800 000 ans, avant de se croiser avec les populations d’Afrique il y a moins de 50 000 ans. Son apport génétique représenterait près de 1 % du génome des humains actuels, un taux comparable à la part d’ADN néandertalien présente chez les populations non africaines.

  • Une lignée « super-archaïque », séparée des autres ancêtres humains il y a environ 1,8 million d’années.
  • Des traces probables de croisement avec les Denisoviens en Eurasie, il y a plus de 200 000 ans.
  • Des dates de divergence qui recoupent des groupes fossiles connus, comme certains Homo erectus d’Eurasie ou des Homo du Pléistocène moyen africain, sans qu’aucun lien direct n’ait pu être établi.

Une piste distincte repérée en Asie

Cette découverte fait écho à une autre étude portant sur le site de Donghulin, près de Pékin. En comparant l’ADN de deux individus séparés de 1 500 ans, des chercheurs y ont identifié une lignée génétique restée isolée du tronc asiatique commun pendant environ 19 000 ans, en plein cœur de la dernière période glaciaire. Un rappel que l’histoire de notre espèce, entre brassages culturels et migrations, reste bien plus fragmentée que ne le laissait supposer le récit classique de l’évolution humaine.

Pourquoi cette découverte compte

Au-delà de la curiosité scientifique, ces résultats intéressent directement la recherche en génétique : certains segments d’ADN archaïque hérités de ces populations disparues sont associés à des variations dans la réponse immunitaire ou l’adaptation à certains environnements. Comprendre leur origine aide aussi à affiner les modèles utilisés pour étudier les maladies héréditaires. Plus largement, elle confirme que l’espèce humaine ne descend pas d’une lignée unique et linéaire, mais d’un réseau complexe de populations qui se sont croisées, séparées puis parfois éteintes, sur plusieurs continents et pendant plus d’un million d’années — une dynamique que les paléoclimatologues rattachent aussi aux grands bouleversements de la planète durant les périodes glaciaires.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un « ancêtre fantôme » en génétique ?

C’est une population humaine ancienne dont on ne possède ni fossile ni ADN directement séquencé, mais dont l’existence est déduite de traces génétiques atypiques retrouvées dans le génome des populations actuelles.

Ces ancêtres fantômes sont-ils différents de Néandertal ou Denisova ?

Oui. Néandertaliens et Denisoviens sont connus grâce à des fossiles et des génomes anciens séquencés. Les ancêtres fantômes identifiés ici n’ont laissé aucune trace physique connue : leur existence repose uniquement sur l’analyse statistique de l’ADN moderne.

Cette découverte concerne-t-elle toutes les populations humaines actuelles ?

Le premier ancêtre fantôme aurait laissé une empreinte génétique chez l’ensemble des humains actuels, tandis que la lignée « super-archaïque » et la lignée asiatique identifiée à Donghulin semblent plus localisées géographiquement.

Sources

Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

Article précédentSoldes d’été : pourquoi les Français dépensent moins
Article suivantSécurité des musées : 33 mesures et 30 millions d’euros pour protéger le patrimoine français

Politique éditoriale et usage de l’intelligence artificielle