Alors que la confiance des Français dans l’évolution de leur pouvoir d’achat s’est nettement dégradée en 2026, le magasin physique conserve une place centrale dans les habitudes de consommation. C’est ce que révèle la cinquième édition du baromètre Shopper Trends, réalisée par Imediacenter (Valiuz) en partenariat avec Epsilon France et Publicis Media, dont les résultats viennent d’être publiés. Loin de déserter les rayons au profit du tout-en-ligne, les consommateurs continuent de privilégier le contact direct avec les produits, quitte à faire des choix budgétaires parfois radicaux ailleurs.
Un pessimisme record qui n’a pas vidé les rayons
Le chiffre est net : la part des Français inquiets pour l’évolution de leur pouvoir d’achat est passée de 27 % en 2025 à 44 % en 2026, selon l’étude. Un bond qui aurait pu logiquement pousser les acheteurs vers les canaux les moins coûteux et les plus rapides. Il n’en est rien : 99 % des Français continuent de faire leurs courses alimentaires en magasin, et l’hypermarché reste le format le plus fréquenté par 74 % d’entre eux, en progression de dix points sur un an. Le hard discount, souvent présenté comme le grand bénéficiaire des périodes de tension budgétaire, ne recueille que 11 % des préférences, loin derrière l’hypermarché (42 %) et le supermarché de proximité (24 %).
Le paradoxe du « je regarde en ligne, j’achète sur place »
L’angle le plus révélateur du baromètre concerne le non-alimentaire. Près de neuf clients sur dix (88 %) préparent leur achat en ligne avant de se déplacer, mais la quasi-totalité finalisent leur transaction en magasin. Ce comportement, parfois qualifié de ROPO (« Research Online, Purchase Offline »), s’explique par un besoin persistant de contact physique avec le produit : 78 % des Français veulent voir et toucher un article avant de l’acheter, une proportion qui grimpe à 88 % chez les plus de 65 ans. Le conseil d’un vendeur reste également déterminant pour 44 % des acheteurs, et pour plus d’un senior sur deux.
Les écrans numériques, nouveaux vendeurs silencieux
Autre enseignement moins commenté que le retour en grâce du magasin : l’essor de l’affichage numérique en point de vente. La part des consommateurs exposés à des écrans publicitaires en magasin est passée de 23 % à 40 % en un an. Leur influence sur la décision d’achat est loin d’être anecdotique puisqu’elle atteint 76 % chez les 18-24 ans, une génération biberonnée aux contenus visuels et particulièrement réceptive à ce nouveau format de vente. Les centres commerciaux, de leur côté, restent une destination prisée : 71 % des Français continuent de s’y rendre, le plus souvent en famille ou entre amis (61 %), pour des visites généralement inférieures à deux heures.
Des arbitrages budgétaires qui débordent sur la santé et l’éducation
Le revers de ce tableau plutôt rassurant pour le commerce physique tient aux coupes budgétaires opérées ailleurs par les ménages. Le baromètre pointe une extension des restrictions à des postes de dépense longtemps considérés comme incompressibles, notamment la santé et l’éducation. Un signal que les enseignes et les collectivités devront surveiller de près, tant il traduit une bascule des arbitrages familiaux vers des priorités jugées plus immédiates, au détriment de dépenses pourtant essentielles sur le long terme.
Pour les commerçants et les enseignes de shopping, ces résultats confirment que l’expérience en magasin reste un levier différenciant, à condition de savoir l’articuler avec la préparation en ligne des achats. Du côté des ménages, les arbitrages budgétaires observés dans la consommation quotidienne s’inscrivent dans une tendance plus large de recherche d’équilibre, également visible dans les habitudes de lifestyle des Français.
Questions fréquentes
Le e-commerce recule-t-il vraiment face au magasin physique en 2026 ?
Non, le baromètre ne montre pas un recul du commerce en ligne mais une complémentarité : la majorité des acheteurs préparent leur achat sur internet avant de se rendre en magasin pour l’acte final, notamment dans le non-alimentaire.
Pourquoi le hard discount ne profite-t-il pas davantage de la baisse du pouvoir d’achat ?
Selon l’étude, les Français privilégient toujours l’hypermarché et le supermarché de proximité, jugés plus complets et pratiques, même en période de restrictions budgétaires ; le hard discount reste minoritaire dans les habitudes déclarées.
Quel rôle jouent les écrans numériques en magasin ?
Leur présence a nettement augmenté en un an et leur influence sur la décision d’achat est particulièrement forte chez les 18-24 ans, ce qui en fait un outil de plus en plus stratégique pour les enseignes.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











