Voir aussi loin dans l’espace revient à voir aussi loin dans le temps : c’est ce principe qui vient de permettre à une équipe internationale d’astronomes de repousser encore la limite du visible. Grâce au télescope spatial européen Euclid, 31 nouveaux quasars viennent d’être identifiés, dont deux qui détiennent désormais le record des objets les plus anciens jamais observés dans l’Univers.
Une lumière vieille de 13 milliards d’années
Les deux quasars les plus lointains de cette moisson, baptisés EUCL J1729+6410 et EUCL J1253+7054, affichent des décalages vers le rouge (redshift) respectifs de 7,77 et 7,69. Concrètement, leur lumière a été émise alors que l’Univers, aujourd’hui âgé d’environ 13,8 milliards d’années, n’avait que 670 millions d’années — soit tout juste 5 % de son âge actuel. Ce record dépasse de 20 millions d’années le précédent quasar le plus ancien connu, découvert par la même équipe scientifique en 2021.
Un quasar est le cœur extrêmement lumineux d’une galaxie, alimenté par un trou noir supermassif qui dévore la matière environnante à un rythme effréné, produisant un rayonnement si intense qu’il reste visible à des milliards d’années-lumière. Trouver de tels objets aussi tôt dans l’histoire cosmique pose une question restée sans réponse claire : comment des trous noirs aussi massifs ont-ils pu se former et grossir aussi vite après le Big Bang ?
Un rythme de découverte inédit
Le résultat, publié dans la revue Astronomy & Astrophysics, tient aussi à la méthode. Grâce à son très grand champ de vision, Euclid a permis de doubler en seulement deux ans le nombre de quasars aussi anciens répertoriés par la communauté scientifique — un travail qui avait nécessité plus d’une décennie avec les instruments précédents. Cette accélération change la donne pour les astrophysiciens, qui disposent désormais d’un échantillon statistique bien plus large pour affiner leurs modèles de formation des galaxies primordiales.
- 31 quasars nouvellement identifiés par la mission Euclid de l’Agence spatiale européenne (ESA).
- Record d’ancienneté : lumière émise 670 millions d’années après le Big Bang.
- Un rythme x5 : le nombre de quasars très anciens connus a doublé en deux ans, contre plus de dix ans auparavant.
Ces objets extrêmes intéressent aussi le grand public au-delà du cercle des spécialistes : ils rappellent que les technologies développées pour l’exploration spatiale, du traitement d’image à l’intelligence artificielle utilisée pour trier des millions de sources lumineuses, irriguent ensuite d’autres secteurs. Notre rubrique Tech / Net revient régulièrement sur ces transferts technologiques, tandis que les grandes avancées scientifiques et leurs implications culturelles sont à retrouver dans notre rubrique Culture.
Pourquoi cette découverte questionne les modèles actuels
Les modèles théoriques actuels peinent à expliquer comment un trou noir peut atteindre plusieurs centaines de millions de masses solaires alors que l’Univers est encore un nourrisson à l’échelle cosmique. Plusieurs hypothèses sont à l’étude : effondrement direct de nuages de gaz géants sans passer par l’étape d’étoile, fusions en cascade de trous noirs plus petits, ou croissance à un rythme dépassant les limites théoriques classiques. Chaque nouveau quasar détecté par Euclid apporte une donnée supplémentaire pour trancher entre ces scénarios, dans une mission qui doit encore cartographier un tiers du ciel dans les années à venir.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un quasar exactement ?
Un quasar est le noyau extrêmement lumineux d’une galaxie lointaine, dont l’énergie provient d’un trou noir supermassif en train d’accréter de la matière. Ce processus libère un rayonnement si puissant qu’il peut être détecté à des milliards d’années-lumière de distance.
Pourquoi le télescope Euclid est-il particulièrement efficace pour ce type de découverte ?
Euclid a été conçu par l’Agence spatiale européenne avec un champ de vision très large, ce qui lui permet de balayer de vastes portions du ciel en haute résolution et de repérer des objets rares, comme les quasars les plus anciens, bien plus rapidement que les télescopes précédents.
Ces quasars remettent-ils en cause la théorie du Big Bang ?
Non. Ils ne remettent pas en cause le Big Bang lui-même, mais interrogent les modèles de formation et de croissance des trous noirs supermassifs, dont la rapidité observée reste difficile à expliquer avec les mécanismes théoriques actuellement admis.
Sources
RTS ·
La Presse ·
Cité de l’espace
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











