Deux baromètres, deux histoires. Publiés à quelques jours d’intervalle, l’indicateur du climat des affaires de l’Insee et l’indice PMI Flash de S&P Global racontent, pour le mois d’août, deux réalités presque opposées de l’économie française. Le premier grimpe pour le troisième mois de suite. Le second, lui, indique une contraction de l’activité qui s’accélère. Explications.
Le climat des affaires progresse pour le troisième mois consécutif
Selon les données publiées par l’Insee, l’indicateur synthétique du climat des affaires a gagné un point en août, à 98, un niveau qui se rapproche de sa moyenne de longue période fixée à 100. Il s’agit de la troisième hausse mensuelle d’affilée.
Le détail par secteur montre une amélioration assez large : l’industrie progresse de deux points, à 103, le commerce de détail bondit de trois points, à 99, et les services gagnent un point, à 100, rejoignant ainsi leur moyenne de long terme. Seul le bâtiment reste stable, à 96, le niveau le plus faible des quatre secteurs mesurés. Le climat de l'emploi, de son côté, reste inchangé à 99 points. L’Insee précise que la remontée dans le commerce et l’industrie s’appuie notamment sur des intentions de commandes et des ventes passées jugées meilleures qu’attendu.
Mais l’activité réelle, elle, se contracte plus vite
Changement de ton du côté de l’indice PMI Flash composite de S&P Global, qui mesure en temps quasi réel l’activité déclarée par les entreprises : il recule à 48,8 points en août, contre 49,4 en juillet, son plus bas niveau depuis deux mois. Un chiffre inférieur à 50 signale une contraction de l’activité.
Le repli est surtout porté par les services, dont l’indice tombe à 48,4 contre 49,6 le mois précédent. L’industrie, à l’inverse, s’améliore nettement, avec une production en hausse à 50,7 points, son meilleur niveau depuis quatre mois. Certaines entreprises interrogées par S&P Global évoquent la chaleur extrême de l’été comme un facteur pesant sur leur activité du mois.
Comment expliquer un tel écart entre les deux enquêtes
Les deux indicateurs ne mesurent pas la même chose. Le climat des affaires de l’Insee interroge les chefs d’entreprise sur leurs anticipations et leur perception générale de la conjoncture, avec une collecte étalée sur plusieurs semaines. Le PMI Flash, lui, capte l’évolution mensuelle de l’activité réellement constatée : commandes, production, emploi. Un climat de confiance qui s’améliore n'empêche donc pas un ralentissement concret de l’activité sur le même mois, surtout quand un facteur ponctuel, comme un épisode de canicule affectant certains secteurs de services, vient perturber les chiffres bruts.
C’est justement ce grand écart qui rend la lecture de la conjoncture française délicate cet été : les deux photographies sont vraies, mais elles ne montrent pas la même chose.
Ce que cela change concrètement pour les entreprises et les ménages
Pour les dirigeants de TPE et PME, ce double signal invite à la prudence : les carnets de commandes semblent se regarnir dans l’industrie et le commerce, mais l’activité constatée dans les services reste sous pression, ce qui peut retarder des décisions d'embauche ou d’investissement. Pour mieux anticiper ces tendances, retrouvez nos analyses dans la rubrique Entreprise et nos décryptages consommation dans la rubrique Conso.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le climat des affaires mesuré par l’Insee ?
C’est un indicateur synthétique construit à partir d’enquêtes mensuelles auprès des chefs d’entreprise sur leur perception de la conjoncture passée et leurs anticipations. Une valeur de 100 correspond à sa moyenne de longue période ; en août, il s’établit à 98.
Qu’est-ce que l’indice PMI Flash de S&P Global ?
Il s’agit d’un indice mensuel calculé à partir de l’activité réellement déclarée par les entreprises (commandes, production, emploi). Un niveau supérieur à 50 signale une expansion de l’activité, un niveau inférieur à 50 une contraction.
Pourquoi les deux indicateurs divergent-ils en août ?
Le climat des affaires reflète des anticipations qui s’améliorent progressivement depuis trois mois, tandis que le PMI Flash capte un ralentissement réel de l’activité en août, notamment dans les services, en partie lié à un épisode de forte chaleur cité par plusieurs entreprises interrogées.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











