Le sommet de l’ONU consacré à la désertification en Mongolie s’est achevé le 29 août à Oulan-Bator, au terme de douze jours de négociations réunissant 197 Parties — 196 pays et l’Union européenne — autour d’un objectif commun : transformer trois décennies d’engagements en résultats mesurables sur le terrain. La 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (COP17) repart avec une annonce financière qui domine les commentaires, mais aussi avec un dossier resté bloqué depuis le précédent sommet.
Un pays hôte confronté à ses propres terres dégradées
Le choix d’Oulan-Bator comme ville hôte n’avait rien d’anodin. La Mongolie compte parmi les pays les plus touchés par la dégradation des sols, avec près de 77 % de son territoire concerné, selon les chiffres avancés par les organisateurs. Ses steppes, qui font vivre des générations d’éleveurs nomades, subissent la pression conjuguée du surpâturage, des tempêtes de poussière et d’une sécheresse plus fréquente. Sous le slogan « Restaurer la terre, restaurer l’espoir », les délégations ont travaillé deux semaines pour donner un contenu concret à cette ambition. Le Premier ministre mongol, Nyam-Osoryn Uchral, a résumé l’enjeu en appelant les participants à « transformer les mots en actes ».
Un engagement financier présenté comme une avancée
Sur le plan chiffré, la conférence retient surtout l’annonce d’environ 1,3 milliard de dollars de financements nouveaux ou déjà engagés, destinés à des projets de restauration des terres et de résilience à la sécheresse dans 23 pays répartis sur cinq continents. La vice-Première ministre mongole, Togmid Dorjkhand, a évoqué de son côté des annonces gouvernementales dépassant le milliard de dollars, auxquelles s’ajouteraient des intentions d’investissement privé de l’ordre de 1,3 milliard supplémentaire — des montants déclarés par les autorités mongoles, distincts du bilan financier officiel du secrétariat de la convention. Ce plan intervient alors que le besoin annuel de financement pour lutter contre la dégradation des terres est estimé à environ 355 milliards de dollars, pour à peine 70 milliards effectivement disponibles chaque année : un écart que la COP17 n’a pas comblé, mais qu’elle a au moins cherché à documenter précisément.
Ce type d’accord chiffré, conclu en marge d’un forum multilatéral, n’est pas isolé : à une tout autre échelle, la région avait déjà vu le Ghana et le Maroc sceller onze accords de partenariat stratégique cette année, preuve que la diplomatie économique bilatérale progresse parfois plus vite que les négociations climatiques globales.
Le protocole sécheresse, toujours en suspens
Le point le plus délicat des discussions n’a pas trouvé d’issue. Un texte contraignant à l’échelle mondiale sur la sécheresse, déjà resté au milieu du gué lors du précédent sommet à Riyad, n’a pas davantage abouti à Oulan-Bator. Les Parties restent divisées sur la forme juridique que devrait prendre un tel instrument. Il s’agit là d’un simple constat de blocage : rien n’indique à ce stade si, ni quand, un accord contraignant pourra être trouvé lors d’une prochaine session.
Les villes s’invitent dans la diplomatie de la terre
L’autre fait marquant de ce sommet, moins commenté que le volet financier, concerne l’échelon local. Une trentaine de maires, gouverneurs et responsables régionaux ont adopté la Déclaration d’Oulan-Bator, par laquelle ils s’engagent à renforcer la gestion durable des terres et la résilience à la sécheresse dans leurs territoires, tout en réclamant un rôle plus permanent des villes et des régions dans le processus de la convention. Ces élus locaux prévoient de constituer, dans un délai de 90 jours, un réseau de villes situées en zones arides ou climatiquement extrêmes. Cette montée en puissance des collectivités locales dans les négociations internationales rappelle une dynamique déjà observée ailleurs, comme le montre l’atlas de la biodiversité communale conduit par des habitants à l’échelle de leur village.
Ce que cela change concrètement
Dans l’immédiat, la COP17 se solde par des engagements financiers annoncés mais dont le décaissement effectif reste à vérifier dans les mois qui viennent : c’est le point qui distingue une promesse d’un résultat acquis. Le fossé entre les besoins de financement et les montants réellement mobilisés rejoint des constats déjà dressés par les acteurs du développement, notamment sur le continent africain, particulièrement exposé à la question du financement climatique. Plus largement, ce sommet s’inscrit dans une série d’alertes environnementales rapprochées, après le dernier bilan des scientifiques européens sur la chaleur record dans les océans. La prochaine échéance à surveiller sera la capacité des 23 pays bénéficiaires à transformer ces annonces en chantiers concrets de restauration des terres, catégorie Planète et Economie obligent, deux thématiques qui se retrouvent au cœur de ce dossier.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la COP17 sur la désertification ?
Il s’agit de la 17e Conférence des Parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, qui réunit 197 Parties pour coordonner les actions contre la dégradation des terres et la sécheresse. L’édition 2026 s’est tenue du 17 au 29 août à Oulan-Bator, en Mongolie.
Combien d’argent a été promis à l’issue du sommet ?
Le secrétariat de la convention a fait état d’environ 1,3 milliard de dollars de financements nouveaux ou en cours de finalisation, destinés à 23 pays sur cinq continents. Des déclarations complémentaires des autorités mongoles évoquent des montants plus élevés en intégrant des intentions d’investissement privé.
Quel est le rôle des villes évoqué à Oulan-Bator ?
Une trentaine d’élus locaux et régionaux ont adopté la Déclaration d’Oulan-Bator, qui les engage sur la gestion durable des terres et prévoit la création, sous 90 jours, d’un réseau de villes situées en zones arides.
Sources
UNCCD – 17th session of the Conference of the Parties
Euronews – COP17 in Mongolia wraps up with 1.3 billion dollars of Green Investment Pledge
The Conversation – COP17 en Mongolie : la diplomatie de la terre à l’épreuve de la crise du multilatéralisme environnemental
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale











